Messe du 3ème Dimanche de Pâques

Lectures du Dimanche et homélie de Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

 

LECTURES

Source : AELF

 

HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

En 1ère lecture,  Pierre annonce  la résurrection de Jésus :  notre Temps pascal;    c'est sa 1ère prise de parole publique qui se déroule   le jour de Pentecôte.  Pierre proclame d’une voix forte   le message central et unique,  en un bref résumé qui nous donne déjà   le canevas   de ce que seront plus tard  les Évangiles :  Jésus né à Nazareth,  ses miracles,  prodiges et signes,  sa mort (déjà détaillée),  sa résurrection.

Pierre s’adresse à des Juifs,  familiers de la Bible.  Outre les faits et les témoignages,  Pierre utilise un argument biblique;  il cite les versets du psaume (Ps 15,8-11)  "Ma chair elle-même reposera dans l’espérance :  tu ne peux pas m’abandonner à la mort   ni laisser ton fidèle connaître la corruption" -  et Pierre montre que ces versets ne peuvent s’appliquer à David,   censé être l’auteur de cette supplication dans le psaume;   car David est bel et bien mort et enterré   "et son tombeau – avec son corps - est encore aujourd'hui chez nous" ; chacun des auditeurs de Pierre peut le constater…  Encore aujourd’hui on montre à Jérusalem le cénotaphe,  commémorant le tombeau de David ! 

Par contre et de ce fait  jubile St Pierre,   ces versets de résurrection  ne peuvent s’appliquer qu’ à Jésus  que Dieu a ressuscité  et qui est élevé dans la gloire  par la puissance de Dieu : "nous en sommes les témoins"  et son tombeau – contrairement à celui de David -  est vide   comme chacun des auditeurs de Pierre  peuvent le constater...

L'Évangile de ce jour est celui,  célèbre,  des « pèlerins d'Emmaüs »,  aussi fin dans l’expression que  profond pour le contenu.   Nous le lisons toujours avec beaucoup d'émotion :  nous n’avons pas de peine à nous reconnaître   dans les 2 "déçus"  sur le chemin d’Emmaüs  et notre cœur aussi  se met à brûler.   En effet,  les disciples d'Emmaüs   ne sont pas 2 sceptiques,  les événements concernant Jésus  ne leur sont pas indifférents,  ils en parlent ensemble,  ils en sont tristes.  Aussi Jésus ne les laisse-t-il pas sans secours.  Il vient lui-même.   Lentement  il les prépare,  les questionne,  les provoque    et, humour,  voici que les 2 disciples lui font la leçon,  citant,  dirions nous,  les évangiles :   Jésus prophète,   puissant par ses actes (ses guérisons)  et ses paroles (sa prédication). Tout l’évangile y est,  sauf avoir constaté que Jésus est ressuscité…   Ils sont comme Thomas,   il leur faut voir  plutôt que croire :  quelques femmes du groupe… quelques-uns de nos compagnons  ont vu le tombeau vide,  mais lui, ils ne l’ont pas vu.  Les 2  sont à la porte de la foi,  désespérés de la croire fermée.

Alors Jésus  doucement,  patiemment  leur explique dans toute l’Écriture  ce qui le concernait  et comment  il fallait  (Jésus n’avait-il pas dit avant sa passion : « il faut » que je monte à Jérusalem …la Passion)  que le Messie souffrit   pour entrer dans sa gloire !   Il  fallait,  non quelque aveugle fatalité,  mais une nécessité intérieure :  réaliser le plan d’Amour de Dieu.

Leurs yeux sont encore aveuglés,   ils ne le reconnaissent toujours pas;   mais cette liturgie de la Parole,  dirions-nous,  leur a déjà réchauffé  le cœur;  ils font le geste  qu’il fallait faire : reste avec nous.   C’est alors la fraction du pain, signe de la Cène,  maintenant repas pascal;   leurs yeux s’ouvrent,  ils le reconnaissent.

Admirable récit  qui s’agence comme une messe :  la venue du Christ au milieu de l’assemblée (procession d’entrée),  la méditation des événements de Jésus  à la lumière de l’Ecriture (la liturgie de la Parole),  la fraction du pain (l’Eucharistie).   C’est dans cette dernière – l'Eucharistie -   que la révélation du Christ,  la communion avec Lui  atteint son maximum d’intensité;   et,  si le cœur est déjà brûlant  tandis qu’Il parle,   c’est dans l’Eucharistie   que nos yeux s’ouvrent   et que nous Le reconnaissons.  Puis,  nous aussi,  nous sommes envoyés  pour témoigner,  raconter ce qui s’était passé sur la route.

Qui d’entre nous ne s’est,  plus d’une fois,  retrouvé sur la route d’Emmaüs déçu,  doutant de tout  (dans notre confinement  dû à l’épidémie du coronavirus)  ?   Mais pourvu que nous ne soyons pas  indifférents !  Car, alors,  le Compagnon invisible,  comme vers le soir,   se joindra à nous   et nos yeux,  tout à coup,  seront illuminés.

Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

Article publié par Philippe LARCANCHE • Publié le Samedi 25 avril 2020 • 175 visites

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