Messe du 4ème Dimanche de Pâques

Lectures du Dimanche et homélie de Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

 

LECTURES

Source : AELF

 

HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Cette semaine marque  un tournant  dans les Évangiles du Temps pascal.  Jusqu’ici tournés vers la résurrection elle-même,   voici que les Évangiles proposés le dimanche   s’ouvrent  vers   la croissance de l’Église.   La liturgie nous oriente déjà  vers  la Fête de la Pentecôte,  dans quelques semaines.

En 1ère lecture,  nous avons entendu  la suite du discours de Pierre  au matin de la Pentecôte.  Il s’adresse aux pèlerins   venus nombreux à Jérusalem   fêter  le don de la Loi de Dieu ;  cette fête juive  est déjà, sous l’Ancien Testament,  appelée   Pentecôte : Chavouot en hébreu ; et appelée Pentecôte « cinquantième » [jour], en grec ancien.  Pendant la liturgie de cette fête juive,  le livre de Ruth était proclamé.   Ruth est cette « femme parfaite » (Rt 3,11 – annonçant la Vierge Marie… notre mois de Mai !)  qui,  pour avoir osé suivre l’exemple d’Abraham jusqu’au bout,  devint l’aïeule du roi David,  figure exemplaire du Messie.   Ce jour-là était donc ouvert  sur le Messie attendu par les juifs.

C’est alors que retentit  la voix tonitruante de Pierre  qui précise : " il s’agit de Jésus le Nazaréen.  Que tout le peuple d’Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié,  Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ".   Le message est clair.   Messie  et Christ   sont  le même mot,  le premier en hébreu,  le second en grec.  Jésus est le Messie.

Et le message est bien reçu !  En témoignent   2 phrases-clés du récit :  "ils furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes" ;  avec un changement de comportement :  "Que devons-nous faire ?"

Ces 2 phrases d’il y a 2000 ans à la suite de la prédication-choc de saint Pierre,  nous devrions les reprendre,  les vivre aujourd’hui :  « être remués au plus profond de nous-mêmes » ;   puis être ouverts - « que devons-nous faire ? » -,  être disposés à changer pour notre bonheur,  accueillir le Christ-Jésus et son Evangile !

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Or voici que Jésus,  le Messie-Christ,  vient à nous comme  le Bon Berger,  c'est  notre Évangile en ce Dimanche des Vocations.  
Le premier constat est que le titre de  « Bon Berger »  n’est pas tout à fait approprié à ce passage d’Évangile.  Ici, Jésus ne se présente pas  d’abord comme le « Bon Berger » (il est quand même cité en tant que tel dans le texte),  mais – dans le 2ème paragraphe -  il est présenté comme « la Porte des brebis ».

D’abord, cette porte est celle qui permet de faire la différence entre  d’une part  le berger des brebis  et d’autre part les voleurs et les bandits.  Le critère est simple :  les voleurs ne frappent à la porte avant d'entrer,  ils n'appuient pas sur la sonnette avant de forcer la porte !   Ils ne passent même pas par la Porte (en la forçant)…  Ils sont des hommes qui œuvrent dans l’ombre  et qui « escaladent par un autre endroit », précise saint Jean.

Ensuite,  la porte des brebis est ouverte   afin de laisser les brebis  « entrer »   mais aussi « sortir » librement (à l'inverse d'une secte).  Les brebis passent par la porte pour entrer afin de se protéger  mais aussi pour sortir afin d’accéder – guidés par le bon pasteur -  aux verts pâturages,  c’est-à-dire au salut.

Finalement,  le rôle du Seigneur est d’ouvrir une brèche.  Il est la Porte de la prison de notre péché  (et en mai 2020, la Porte de la prison de notre confinement ;  que cette Porte puisse s’ouvrir bientôt !).  Dans sa conclusion,  Jésus ne parle en effet plus de brebis  mais de personnes :  "si quelqu’un entre en passant par moi,  il sera sauvé ;  il pourra rentrer ; il pourra sortir ! "

Et tout se vit  dans une profonde intimité : "Celui qui entre par la porte,  c'est le pasteur,  le berger des brebis.  Le portier lui ouvre,  et les brebis écoutent sa voix.  Ses brebis à lui,  il les appelle chacune par son nom…  Elles connaissent sa voix".  Le verset introductif de l'Alléluia précisait même : "Jésus le bon Pasteur, connaît ses brebis et ses brebis le connaissent : pour elles il a donné sa vie".

Et soulignons  la dernière phrase splendide de notre Évangile : "Moi, je suis venu pour que les brebis  aient la vie,  la vie en abondance" !   Vie en abondance manifestée à la Pentecôte… Tel est le Bon Pasteur  et telle est notre vocation merveilleuse !

 

Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

Article publié par Philippe LARCANCHE • Publié le Samedi 02 mai 2020 • 178 visites

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