Messe du 5ème Dimanche de Pâques

Lectures du Dimanche et homélie de Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

 

LECTURES

Source : AELF

 

HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE PÂQUES A

Après les dimanches où le Christ « habitue » ses disciples à sa résurrection,   la liturgie nous propose  les deux "dimanches des adieux".  L’Ascension n’est plus loin.  Le Christ donne à ses apôtres  ses dernières recommandations et les assure de sa présence dans l’Esprit Saint.  L’Évangile est tiré du grand et émouvant  discours des adieux.

En même temps,  se mettent en place  les structures de l’Église naissante.  Ce dimanche des adieux  devient le dimanche des ministères.  Pierre en donne la base,  dans sa méditation sur  le sacerdoce royal de tout baptisé (2ème lecture),   tandis que les Actes nous racontent  l’institution des diacres (1ère lecture).

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« Que votre cœur cesse de se troubler !  nous dit Jésus dans l’Évangile de ce jour,  vous croyez en Dieu  croyez aussi en moi. »  En ce temps pascal,  cette invitation de Jésus à ses disciples  revêt une couleur particulière.  En effet,  entre le jour de Pâques et celui de la Pentecôte,  en ces temps où nous sommes,  tout le travail des apparitions de Jésus ressuscité  est  de faire passer les disciples  de la crainte à la confiance,  du trouble à la Foi.

Nous sommes souvent,  comme les disciples,  effrayés et découragés.  Notre espérance et notre foi  sont bien fragiles.  Il est vrai qu’il y a des jours où  tout paraît dur et même trop dur,  du fait de la maladie,  de la pandémie Covid 19, des difficultés de la vie,  des blessures affectives.
Il nous est parfois bien difficile de croire ;  la vie,  et même la vie des chrétiens,  est quelquefois trop lourde.  Certes, la Foi est une lumière,  mais une lumière fragile qui peut être,  de temps à autre,  une simple lueur dans l’obscurité,  et certains d’entre nous n’avance qu’à tâtons  dans le brouillard.  Mais, au-delà des épreuves,  mêmes les plus terribles,  comme celle qu’a connue Jésus lors de sa passion,  Dieu notre Père est  toujours fidèle  au don de la vie qu’il nous a fait au moment de la création du monde  et au jour de notre conception  puis notre naissance…

Un grand mystique espagnol,  saint Jean de la Croix,  réformateur du Carmel (que je vous ai un peu présenté dans « Méditation et confinement »),  a décrit  la vie spirituelle  comme la montée d’une montagne escarpée,  et la traversée d’une « nuit obscure ».  On ne peut alors s’appuyer sur rien  sinon sur Dieu lui-même  - et Dieu dans son mystère insaisissable -,  au-delà de toute consolation  ou de toute connaissance.

Sainte Thérèse de Lisieux (également présentée dans « Méditation et confinement »),  disciple de saint Jean de la Croix,  a vécu aussi  dans cette épreuve de la foi,  harcelée par le doute sur l’existence du ciel et de la vie éternelle  au moment même où elle savait que  sa mort était inéluctable. « Il me semble, a-t-elle écrit, que les ténèbres me disent en se moquant de moi : “tu rêves de la lumière, une patrie embaumée,  tu rêves la possession éternelle du Créateur de toutes ces merveilles,  tu crois sortir un jour du brouillard qui t’environne !  Avance, avance,  réjouis-toi de la mort qui te donnera  non ce que tu espères,  mais une nuit plus profonde encore,  la nuit du néant”. »
Une telle épreuve n’a pas empêché  Thérèse   de demeurer héroïquement fidèle  à sa vocation de carmélites  par une charité  de chaque instant  vis-à-vis de ses sœurs.  Ma vocation, c’est l’amour, disait Thérèse avec une joie merveilleuse.  Et elle demeura fidèle  jusqu’à son dernier souffle  à cette charité qui brûlait son cœur ;  elle mourra à 26 ans en murmurant : « mon Dieu, je vous aime. »  Ce qui a fait dire  à certains spécialistes de Thérèse de l’Enfant Jésus,  que c’est  sa charité  qui a sauvé  sa foi.

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Notre vie est  un pèlerinage,  un cheminement,  recherche du sens de notre vie…  Et voici que  Jésus proclame « Moi, je suis le Chemin… Personne ne va vers le Père  sans passer par moi ».

Réaction de Philippe : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit ». C’est déjà magnifique !  Notre soif de Dieu… Rappelons-nous  la réflexion si célèbre  de saint Augustin : « Tu nous as fait pour Toi,  Seigneur ;  et notre cœur est sans repos  tant qu’il ne repose en Toi ! »   C’est la recherche de toute une vie,  le sens de la vie…  Le désir,  on veut toujours plus ;  et Dieu seul  peut nous combler !

Et voici que Jésus  répond  à Philippe : « Il y a si longtemps que je suis avec vous,  et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ».
C’est ici le cœur de la foi chrétienne :  Recherche de Dieu et la prise de conscience que  Dieu et Jésus ne font qu’un !

Lors de mes études avec publication en 1995,  j’ai été touché par un ancien roman  « Augustin ou le Maître est là » de Joseph Malègue.  Et j’ai été surpris que le pape François l’ait cité dès son investiture  et encore tout récemment.

Ce roman rapporte  le cheminement d’un jeune en recherche.  Il a soif de Dieu  et se demande comment la grandeur inouïe de Dieu  peut se trouver  dans l’homme Jésus (ce qui est le spécifique de la foi chrétienne).  Alors, reprenant l’Évangile,  il s’exclame « bien loin que Jésus soit étrange s’il est Dieu,  c’est Dieu Lui-même qui me serait étrange, inintelligible et incroyable, s’Il n’était Jésus :  c’est-à-dire  si tous les actes inouïs de Jésus et les paroles extraordinaires de Jésus ne formaient pas  l’identité de Dieu Lui-même ! »

En notre époque  où beaucoup ne savent plus vers qui se tourner,  où se multiplient gourous et sectes,  prenons conscience du bonheur de  notre foi en l’Evangile,  en Jésus le Christ,  en Celui qui est notre frère et notre Dieu.  Son Esprit Saint de Pentecôte  nous y aidera !

Denis Lecompte, Curé de la Paroisse

Article publié par Philippe LARCANCHE • Publié le Samedi 09 mai 2020 • 77 visites

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