Vendredi Saint et Chemin de Croix

par Denis Lecompte, Curé de la Paroisse St Joseph En Cambrésis

 

Le Vendredi Saint est  la « plaque tournante »  de la Semaine Sainte,  du Triduum pascal…
Beaucoup d’Offices  sont proposés  par les Médias  ou à la Télévision  (et dans nos Missels).
Pour notre diocèse,  l’Office du Vendredi Saint  se célèbre en tout petit comité  dans notre Cathédrale à 15H  avec notre archevêque.  Il est retransmis sur 
le site Internet et sur la page Facebook de notre diocèse.
Ceci étant,  durant la journée,  il convient de prendre  un temps fort personnel ou en famille   pour nous unir  à la Passion de Notre Seigneur.
Je vous propose, ci-dessous,   un Chemin de Croix  que j’ai rédigé en son temps  avec une petite équipe ;   on peut d’ailleurs le reprendre  à d’autres jours de l’année.
Ce Chemin de Croix  est suivi  de 2 prières  prévues spécialement  en ce temps d’épidémie.
Très profonde Communion  et déjà  mes souhaits de belles Pâques !!

Père Denis Lecompte



VENDREDI SAINT
LE CHEMIN DE LA CROIX 
(notamment si l’on est seul)

          Le chemin de la croix nous fait entrer dans le mystère de l'amour de Dieu,  manifesté en son Fils bien-aimé,  mort pour nos péchés.  Chaque station nous fait rentrer dans la profondeur et la gratuité de cet amour  que nous pouvons appliquer à bien des aspects de notre vie.

          En effet, le chemin de croix ne constitue pas une méditation extérieure à nous-mêmes  mais nous permet d'épouser  les sentiments du Christ,  de nous les approprier  et de nous en servir dans des situations  marquées par la souffrance,  l'épreuve du péché,  la détresse  et la mort. En donnant sa vie, Jésus nous donne la Vie.

Seigneur, depuis le jour où tu as porté le bois du supplice,   le signe de ta croix est devenu le signe de notre foi.  Chaque fois que nous nous signons,  nous revivons ta Passion.
Nous sommes rassemblés  à l’heure de la mort de Jésus,  AU NOM DU PERE   ET DU FILS   ET DU SAINT ESPRIT.   AMEN

Chant  Victoire, tu régneras H 32   ou Mystère du Calvaire H 44

 

1ère  station : JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

     Les chefs des prêtres  et la foule  crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »  Pilate, voulant contenter la foule,  relâcha Barabbas,  et après avoir fait flageller Jésus,  il le livra pour qu'il soit crucifié.    (Mc 15,14-15)

     Trahi par Judas,  renié par Pierre,  abandonné par les Apôtres,  Jésus comparaît devant Pilate.  En condamnant Jésus,  on condamne l'innocent.  On condamne l'homme dans une parodie de procès. Jésus est condamné  à la solitude de la mort,   lui qui est la Vie. Face à Pilate  et en toute lucidité,  Jésus considère l'ampleur du mal  dont il est accablé.   Il affronte avec courage le verdict.

Seigneur,  pardon pour nos complicités silencieuses avec le mal,   lorsqu'il nous arrive de prêter l'oreille aux faux jugements  et de colporter nous-mêmes des accusations sur nos frères.    Pardon,  Seigneur,  pour toutes les fois  où nous nous lavons  les mains de l'injustice.

Chant Gethsemani H 112 couplet 1  ou Les soldats ont enchainé tes mains H 127-2

 

2ème  station : JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

     Jésus, portant lui-même sa croix,  sortit en direction du lieu dit  le Crâne, ou Calvaire,   en hébreu :  Golgotha.    (Jn 19,17)

     DE QUOI  EST FAITE  LA CROIX DE JÉSUS ?   En elle se concentre la Passion  qu’il va subir : le poids de l'ignominie,  les injures,  l'opprobre,  les dérisions et les insultes,  les crachats et les calomnies,  la flagellation  et la couronne d'épines.  La croix de Jésus récapitule aussi  toutes les croix que Jésus assuma  dans son existence terrestre :  la fuite en Égypte,  la jalousie des disciples,  les accusations portées contre lui  d'être un glouton,  un ivrogne,  un magicien...    Sur cette croix se rassemblent  les traîtrises,  les abandons,  les amertumes qu'il a connus dans son ministère public jusqu’à Gethsémani   et aussi l'obscur sentiment d'inutilité  et la tentation de penser que son sacrifice ne sert à rien  et ne peut obtenir la rédemption.
     Jésus,  bien avant que la croix ne le porte,  porte lui même sa croix  et, à travers elle,  chacun de nos péchés et de nos fardeaux.   La croix du chrétien  et la croix du Christ  forment  une seule croix.

Seigneur,  aide-nous à porter nos croix  comme tu as porté ta croix.   Fais-nous participer  au mystère de ta rédemption    et que chacune de nos épreuves  vécues avec toi  devienne autant d'actes d'amour.    Que nos croix soient  l'autel de nos prières.

Chant Ne craignez pas   G 139 couplets 1 et 2

 

3ème  station : JÉSUS TOMBE POUR LA 1ère FOIS

     Les soldats emmenèrent  Jésus  pour le crucifier.   (Mt 27,31)

     JÉSUS  TOMBE  D'ÉPUISEMENT.   En tombant à terre,   le Christ s'empare  de tous nos effondrements  physiques,  psychologiques,  moraux,  spirituels.  Il partage ainsi  notre fragilité  et fait l'expérience  de nos défaillances.   Cette chute atteste que Jésus est descendu,  lui aussi,  au plus profond  de nos peurs,  de nos culpabilités,  de nos vulnérabilités.  Il a éprouvé  dans sa chair  le malheur  qu'il y a pour nous  d'être pécheur.  Il a communié à la moindre de nos faiblesses  qui nous empêchent d'être nous-mêmes  et de nous tenir debout dans l'espérance.

Seigneur Jésus,  en tombant à terre,  tu nous rejoins dans nos dépressions  et dans la poussière de nos fragilités.    Donne-nous de découvrir ta compassion et ta providence   chaque fois que nous nous sentons écrasés  ou dépassés par l'épreuve,   jetés à terre par les difficultés de la vie.

Chant  Si l’espérance t’a fait marcher  G 213 couplet 6,    ou temps de silence

 

4ème  station : JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

     Près de la croix de Jésus  se tenait  sa mère.  (Jn 19,2-5)

     ÊTRE  LA MÈRE  D'UN CONDAMNÉ  ou d'un réprouvé,   c'est être une femme qu’on montre du doigt.   Marie est associée à la Passion de Jésus.  Sa passion épouse  celle de son Fils. Comme toute mère,  elle comprend,  plus que tout autre,  les souffrances cachées de son enfant,  le fruit béni de ses entrailles.   Elle communie au martyre de son cœur   et porte pleinement sa croix. Mais,  sur le chemin du doute et du découragement,  elle offre à Jésus  la consolation et le réconfort.   Elle lui offre aussi son Fiat.  Jésus puise  dans le regard de sa mère  le oui à la volonté du Père.  Il a besoin de son oui   pour aller jusqu'au bout  du sacrifice.

Ô Marie,  apprends-nous  à communier avec ton cœur  à la rédemption de Jésus et à celle de nos frères.   Donne-nous la grâce de suivre à tes côtés  ton Fils bien-aimé  sur tous les Golgotha d'aujourd'hui.  Apprends-nous,  Marie,  à nous rendre proches des personnes souffrantes  et de ceux qui portent la croix du rejet,    et à les accompagner jusqu'au bout.

On chante  le  « Je vous salue Marie… »

 

5ème  station : SIMON DE CYRÈNE PORTE LA CROIX DE JÉSUS

    Les chefs des prêtres,  les dirigeants  et le peuple  prirent   un certain Simon de Cyrène,  qui revenait des champs,   et ils le chargèrent de la croix   pour qu'il la porte  derrière Jésus.     (Lc 23, 26)

     JÉSUS  A VOULU AVOIR BESOIN  DE SIMON de Cyrène  pour accomplir son œuvre.   Il n'a pas eu peur  de se faire aider.   En la Passion,  Simon de Cyrène participe,  sans s'en rendre compte, à la rédemption du monde.  Simon se fait solidaire  de l'homme solitaire.   Sa sollicitude devient une grâce.
     Jésus a aussi besoin de nous  en son agonie,  qui se perpétue en son Corps  qu’est l'Église. Comme nous le dit St Paul  dans sa lettre aux Colossiens  «  je trouve la joie  dans les souffrances que je supporte pour vous,   car ce qu'il reste à souffrir  des épreuves du Christ,   je l'accomplis dans ma propre chair,   pour son corps qui est l'Église » (Col 1, 24).
     Par notre charité vécue  envers notre prochain,   Dieu continue d'accomplir son salut.

Seigneur,   apprends-nous  à porter  les fardeaux de nos frères.   À l'exemple de Simon de Cyrène,   réquisitionné pour porter la croix du Christ,  peut-être contre son gré,   apprends-nous,  Seigneur,  à choisir ce que la vie nous contraint de subir.    Puissions-nous découvrir,  dans les croix qui pèsent sur nos épaules,   celles que le Christ  nous invite  à porter avec lui.

Chant  Ta nuit sera lumière de midi  G 212 couplets 1 ou 3 ou 4

 

6ème  station : VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS

     Il n'était  ni beau  ni brillant  pour attirer nos regards ;   son extérieur n'avait rien  pour nous plaire.   Il était méprisé,  abandonné de tous,  homme de douleurs,  familier de la souffrance, semblable aux lépreux dont on se détourne;  et nous l'avons méprisé,  compté pour rien. (Is 53,2-3)

     VÉRONIQUE  CONTEMPLE  LE VISAGE DE JÉSUS.   Dans le regard du Christ,  elle comprend tout,  et surtout la beauté secrète  qui émane  de la laideur apparente d'un être tuméfié, ensanglanté,  défiguré.   La souffrance restitue  la vraie beauté du Christ,  la beauté intérieure.   La vérité de son être  transpire  du malheur qu'il éprouve.   En essuyant le visage de Jésus,  Véronique veut en recueillir la trace  et en garder  pour toujours  la mémoire.  Le nom de Véronique,  qui signifie « vraie icône »,   lui vient  de ce geste admirable  de pitié  et de tendresse.

Véronique,   apprends-nous  à recueillir  avec spontanéité et délicatesse,  comme toi,    le visage de Jésus  et à en trouver la beauté au cœur de toutes les souffrances des hommes.      Seigneur,   révèle-nous ton visage !

Chant  Je cherche le visage

 

 7ème  station : JÉSUS TOMBE POUR LA 2ème  FOIS

     On m'a poussé,  bousculé pour m'abattre;  mais le Seigneur m'a défendu.  Ma force et mon chant,  c'est le Seigneur;   il est pour moi le salut.  (Ps 117,13-14)

     VOILÀ  JÉSUS  DE NOUVEAU À TERRE,   écrasé par le poids de la croix.  Mais,  tombé à terre,   il rassemble ses forces  pour continuer la route.   Le Seigneur prend sur lui sa chute.   Il se relève  et nous libère ainsi  des découragements  ou des révoltes  qui nous frappent   lorsque nous tombons.  L’humanité trouve  dans ce redressement du Christ  la capacité  de se remettre debout  et de continuer la route.

Seigneur,   lorsque nous fléchissons,  reprends-nous.   Donne-nous  l'énergie de l'espérance  pour que nous puissions trouver,  dans la prière et le pardon,   la grâce de continuer le chemin.   Ravive notre courage.   Pardonne-nous ces faiblesses  qui,  chaque jour,  nous font trébucher.

Chant   Si l’espérance G 213 couplet 7   ou On attendait ce jour là H 145

 

8ème  station : JÉSUS CONSOLE  LES FEMMES DE JÉRUSALEM

      Le peuple,  en grande foule,  suivait Jésus,  ainsi que des femmes  qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.   Il se retourna  et leur dit:  « Femmes de Jérusalem,  ne pleurez pas sur moi !   Pleurez sur vous-mêmes   et sur vos enfants ! (Lc 23, 27-29)

     LES PAROLES DE JÉSUS  APPELLENT  ET CONSOLENT.   Ne pleurez pas !   Il essuie des larmes  de nos yeux.  Ces femmes,  par compassion,  communient aux souffrances de Jésus  et se désespèrent  de sa mort prochaine.   En réalité,  c'est Jésus  qui est venu les consoler.   Il est la consolation de son peuple,  Israël.   Il est venu rendre  à Jérusalem  son nom de « Ville de paix ».  Cette terre  sur laquelle il est né,  de laquelle il a enseigné  et pour laquelle il va mourir,    il vient,  par son sacrifice,  la bénir  et restaurer sa joie.

Seigneur,   accorde-nous des larmes  qui lavent nos yeux  pour voir ta présence   et accorde à cette Terre Sainte,  qui est déchirée aujourd'hui  par la guerre et la violence   et pour laquelle tu as pleuré et prié,    de recevoir  le don de la paix.

Chant  Au cœur de nos détresses H 128 couplet 3  ou La paix, c’est le don de Jésus

 

9ème  station : JÉSUS TOMBE POUR LA 3ème FOIS

     D'un grand espoir,  j'espérais le Seigneur:   il s'est penché vers moi pour entendre mon cri.  Il m'a tiré  de l'horreur du gouffre,  de la vase  et de la boue;  il m'a fait reprendre pied  sur le roc,   il a raffermi mes pas.   Dans ma bouche,  il a mis  un chant nouveau.  (Ps 39,2-4)

     LE POIDS DE LA CROIX  se fait de plus en plus  pesant.   Cette triple chute  nous rappelle toutes les situations d'échec   et les malheurs répétés  qui nous écrasent  et nous accablent.
     Tombant à terre une 3ème fois,  Jésus vient rejoindre  le triple reniement de Pierre  et toutes les formes insidieuses de trahison.   Ce troisième relèvement  est surtout  l'anticipation du « troisième jour », le jour de la résurrection.   Au cœur de la Passion,  la Pâque du Christ  est mystérieusement annoncée.

Un jour,  Jésus,  dans ton ministère public,  tu mis le genou à terre  pour écrire sur le sable   alors qu'on voulait jeter la pierre  à la femme adultère.   Tu t'es aussi agenouillé  au soir de la Cène  pour laver les pieds  de tes disciples.   Maintenant,  te voilà côte à côte  avec ceux qui ploient sous le fardeau  et qui restent à terre,  ceux qui ont perdu le goût de vivre  parce que la vie est trop lourde à porter  et qui n'ont même plus  le goût ni la force   de la révolte.
Seigneur,  accorde-nous  la force de l'espérance.   Par le baptême,  nous avons reçu en nous  cette capacité surnaturelle de marcher encore dans la nuit.   Accorde nous la persévérance  et l'assurance   que rien n’est irrémédiable   et que tout peut renaître.   Lorsque les forces humaines nous abandonnent   ou que nous sommes livrés à l'isolement,   puissions-nous trouver en toi   la confiance  pour poursuivre le chemin.

 Chant Si l’espérance  G 213 couplet 4

 

10ème  station : JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

     Quand les soldats eurent crucifié Jésus,  ils prirent ses habits ;  ils en firent  quatre parts, une pour chacun.  Restait la tunique ;  c'était une tunique sans couture,   tissée tout d'une pièce de haut en bas.   Alors ils se dirent entre eux:  « Ne la déchirons pas,  tirons au sort celui qui l'aura.» Ainsi s'accomplissait  la parole de l’Écriture.   (Jn 19, 23-24)

     JÉSUS SE RETROUVE,  COMME À LA CRÈCHE,  pauvre et nu,  dépouillé de tout, dépouillé de ses amis,  livré aux regards impudiques  de ceux qui le condamnent.   Il a perdu toute dignité.  Le voici livré,  dans toute la vérité de son corps,  à l'impudeur,  à la risée,  à la vindicte populaire.  Il n'a plus rien  pour se protéger,  se cacher.   Cet abaissement du Christ  nous révèle paradoxalement  la grandeur de son amour.   Dieu n'est jamais si grand  qu'en se faisant si méprisable. Privé de ses vêtements,  Jésus dévoile à nos yeux   l'amour   dont il veut nous vêtir.

Seigneur,  en te dépouillant de tes vêtements,  tu rejoins l'immense foule  d'hommes et de femmes  dépouillés de toute dignité  et de toute protection de la vie,   ces millions de personnes  sans maison,  sans emploi,  sans famille,  sans passeport.   Aide-nous  à nous laisser dépouiller,  nous aussi,  du vieil homme,   de nos fausses mises en scène,   de nos mesquineries.    Seigneur,   revêts-nous de ton Esprit.

Chant   Donne nous Seigneur un cœur nouveau

 

11ème  station : JÉSUS EST CLOUÉ SUR LA CROIX

     Il était neuf heures  lorsqu'on le crucifia.  L'inscription indiquant  le motif de sa condamnation  portait ces mots:  « Le roi des Juifs ».   Avec lui,  on crucifie deux bandits,  l'un à sa droite,  l'autre à sa gauche.   Les passants l'injuriaient.   (Mc 15,25-29)

     JÉSUS EST FIXÉ À LA CROIX,   plus par son amour  que par les clous.   L’arbre de la croix est béni  par le fruit qu'il porte.   Dressée vers le ciel à la verticale,   la croix manifeste l'amour infini du Père.   Dans la dimension horizontale,  les bras étendus  veulent saisir  et embrasser le monde entier.   Le Christ immolé  sur l'autel de la croix   récapitule en lui  les deux mouvements  de verticalité et d'horizontalité  d'un unique amour.   En lui,  l'amour du Père et l'amour des frères   ne font  qu'un.

Seigneur,  la croix dessine  le signe ‘plus’.   Elle n'est pas d'abord  l'exaltation de la souffrance   mais la preuve irréfutable de ton amour.   Depuis le jour de notre baptême  et à chacune de nos prières,   en traçant le signe de la croix  sur nos corps,   nous le marquons de ce même amour,   par lequel,   il y a deux mille ans,    tu as voulu mourir  pour nous donner la Vie.

Chant   O Croix dressée sur le monde H 30 couplets 1 et 2

 

12ème  station : JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

     Père, pardonne-leur:  ils ne savent pas ce qu'ils font.  (Lc 23,34)… J'ai Soif (Jn 19,28)…   Tout est accompli(Jn 19,30)…Père,  entre tes mains,  je remets mon esprit… Et après avoir dit cela, il expira.   (Lc 23,46)

     NOUS POUVONS RECUEILLIR  les ultimes mots de Jésus   comme autant de confidences qu'il nous livre  avant de rendre l'esprit.   La croix est l'aboutissement de la vie de Jésus,  au double sens du mot,   comme un terme   et comme la perfection d'une œuvre.    Le Christ est entré dans le mystère de l'homme  au point  qu'il n'y a pas de douleur humaine qui demeure,  après lui,   solitaire. Avant de mourir,  Jésus crie : ‘J'ai soif’.   Il exprime ainsi le tourment  de ne pouvoir supporter des souffrances  que dans les limites de son humanité.   Son amour est plus grand  que ce que  la croix peut en révéler.   Sa soif est à la fois  un excès  et un manque.  L’excès de l'amour  qui dépasse l'œuvre de la croix,  et le manque  parce que Jésus se met en état de dessaisissement  et de pauvreté absolus.   Après avoir offert son corps,  sa vie  et sa mort,   il nous donne en dernier lieu  sa soif.    Son existence terrestre  s'achève  en état de soif.   Il se fixe  en elle  pour toujours.   Jésus meurt  en assoiffé  de notre amour.

Seigneur,   accorde-nous de savoir,  comme toi,  remettre notre vie  entre les mains du Père.  Merci de nous confier Marie, ta mère,   et de nous confier  à elle « maintenant et à l'heure de la mort »   (on prie le « je vous Salue, Marie »).    Nous croyons que nous trouvons en toi  notre accomplissement  puisque  par toi,   tout est accompli.    Par ta mort,   nous avons reçu  la Vie.

Silence prolongé

 

13ème  station : JÉSUS EST DESCENDU DE LA CROIX DANS LES BRAS DE MARIE

     Comme c'était le vendredi,  il ne fallait pas laisser  des corps en croix  durant le sabbat (d'autant plus que ce sabbat était  le grand jour de la Pâque).   Aussi les Juifs  demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps  après leur avoir brisé les jambes.  Quand ils arrivèrent à Jésus,  voyant qu'il était déjà mort,  ils ne lui brisèrent pas les jambes,  mais un des soldats  avec sa lance  lui perça le côté;   et aussitôt,  il en sortit  du sang  et de l'eau.   Après cela,  Joseph d'Arimathie,  qui était disciple de Jésus,   mais en secret par peur des juifs,   demanda à Pilate  de pouvoir enlever  le corps de Jésus.   Et Pilate le permit.   Joseph  vint donc  enlever  le corps de Jésus(Jn 19,31 ... 38)

     ON FAIT GLISSER JÉSUS  DES BRAS DE LA CROIX  vers ceux de sa mère.   La Vierge de pitié  devient  Mère de l’Église,  puisqu’elle accueille Jean  comme son enfant   et, à travers le disciple bien-aimé,  chacun d'entre nous. Marie est  à cette heure  l'icône de  la compassion de Dieu.  Sa compassion  poursuit  la Passion de Jésus.   Elle fait l'expérience maternelle  d’une nouvelle nativité.  De même qu’elle a porté dans ses bras l'enfant de Bethléem,   de même, au pied de la croix, elle recueille  le corps inerte de  celui qui porte  l'espérance du monde.   Jésus est ainsi remis à la prière et à la foi de Marie.   C'est désormais auprès d'elle  que les disciples trouveront   le signe vivant de la présence continuée de Jésus.

Marie,  donne à l'Église  de savoir recueillir  dans ses bras  les abandonnés,  les découragés,  les méprisés.   Sois pour chacun d'entre nous  un modèle d'espérance,   pour croire  qu’au-delà de la mort,   la Vie est victorieuse.

Chant à Marie  Toi Notre Dame V 153  couplets 1 ou 2

 

14ème  station : JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

     Nicodème vint lui aussi ;  il apportait  un mélange de myrrhe et d'aloès  pesant environ cent livres.   Ils prirent  le corps de Jésus  et ils l'enveloppèrent  d'un linceul,   en employant les aromates selon la manière juive  d'ensevelir les morts.   Près du lieu où Jésus avait été crucifié,  il y avait un jardin,  et  dans ce jardin,   un tombeau neuf  dans lequel on n'avait encore mis personne.  Comme le sabbat des juifs allait commencer,  et que ce tombeau était proche,   c'est là qu'ils déposèrent Jésus.  (Jn 19,39-42)

     ON A DÉPOSÉ DIEU  dans le ventre de la terre.  La semence divine  est arrosée  des larmes de la mère.   On a roulé une lourde pierre  comme pour rendre l'espérance  plus incroyable.   Jésus rejoint les enfers  et toutes les attentes de salut  depuis la création du monde.   Le Sauveur vient rejoindre  l'immense cohorte de ceux qui l'espèrent   et qui,  dans l'obscurité de leur vie,  ont mystérieusement préparé sa venue.   Jésus est  en travail d'enfantement  pour,  de la mort,  faire surgir la Vie.

Seigneur,  en entrant dans le tombeau,  tu viens rejoindre  toutes les nuits de la foi  et les silences de ton Père,  qui composent notre existence.   Donne  à tous ceux  dont la vie a un goût de mort  et qui s'enferment dans des regrets,   de découvrir  ta secrète présence.   AMEN

 

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(Décret de la congrégation pour le culte divin du 30 mars 2020)

VENDREDI SAINT.                 CÉLÉBRATION DE LA PASSION DU SEIGNEUR

 

Le Saint Père propose qu’aux dix intentions de la grande prière universelle, soit ajoutée l’intention suivante liée à l’épidémie du coronavirus :

11. POUR CEUX QUI SOUFFRENT EN CE TEMPS D’ÉPIDÉMIE
Prions pour tous ceux qui souffrent des conséquences de l'épidémie actuelle : 
q
ue Dieu notre Père accorde la santé aux malades, la force au personnel soignant, le réconfort aux familles et le salut à toutes les personnes qui ont trouvé la mort.
Tous prient en silence. Puis le prêtre dit :
Dieu éternel et tout-puissant, refuge de ceux qui souffrent, 
regarde avec compassion la détresse de tes enfants atteints par cette épidémie ; 
soulage la douleur des malades, 
donne la force à ceux qui les soignent, 
accueille dans ta paix ceux qui sont morts 
et, en ce temps d’épreuve, accorde à tous le réconfort de ta miséricorde. 
Par le Christ, notre Seigneur. 
R/. Amen.

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Ou (et) encore :

Intention de prière ajouté à la prière universelle du Vendredi saint - développement de la 10ème intention (Lille)

Frères bien aimés, prions Dieu le Père tout puissant d’avoir pitié des hommes dans l’épreuve :
qu’il donne la force aux malades, qu’il les soulage de leurs souffrances et de leur angoisse,
qu’il  soutienne les médecins et tous les soignants, tous les personnels auxiliaires de santé,
qu’il éclaire tous les responsables et les décideurs à tout niveau,
qu’il veille sur tous ceux qui  contribuent au maintien de l’activité économique,
qu’il favorise l’entraide, l’attention et la fraternité entre tous,
qu’il permette à chacun de vivre ce temps du confinement avec patience et l’espérance d’un monde pacifié.

 

Silence et oraison, voir dans le missel.

Article publié par Philippe LARCANCHE • Publié le Vendredi 10 avril 2020 • 265 visites

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